{"id":10646,"date":"2018-10-20T08:27:57","date_gmt":"2018-10-20T12:27:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/?p=10646"},"modified":"2019-07-25T07:07:42","modified_gmt":"2019-07-25T11:07:42","slug":"defense-croyance-sincere-erronee-consentement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/defense-croyance-sincere-erronee-consentement\/","title":{"rendered":"La d\u00e9fense de croyance sinc\u00e8re mais erron\u00e9e au consentement : R. c. Gagnon, 2018 CSC 41"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/canlii.ca\/t\/hvm24\">R. c. Gagnon, 2018 CSC 41<\/a>\u00a0;\u00a0<a href=\"http:\/\/canlii.ca\/t\/hq9ts\">R. c. Gagnon, 2018 CACM 1<\/a><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9fense relative \u00e0 la croyance erron\u00e9e au consentement peut \u00eatre soulev\u00e9e si l\u2019accus\u00e9 a une croyance sinc\u00e8re quant au consentement manifest\u00e9 qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 vici\u00e9e par les facteurs \u00e9num\u00e9r\u00e9s aux <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.1_smooth\">articles 273.1<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.2_smooth\">273.2<\/a> <span style=\"text-decoration: underline;\">ET<\/span>\u00a0s\u2019il a pris les mesures raisonnables dans les circonstances dont il avait connaissance pour s\u2019assurer du consentement<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">[23]\u00a0 Aucune formation majoritaire de la Cour supr\u00eame du Canada n\u2019a encore interpr\u00e9t\u00e9 cette disposition et peu d\u2019arr\u00eats portent sur l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.2_smooth\">alin\u00e9a 273.2<em>b<\/em>)<\/a>, c\u2019est-\u00e0-dire sur l\u2019exigence relative \u00e0 la prise de mesures raisonnables pour s\u2019assurer du consentement (voir Kent Roach, <em>Criminal Law<\/em>, 2015, 6<sup>e<\/sup> \u00e9d., Toronto, Irwin Law \u00e0 la p. 455).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[24]\u00a0 L\u2019un de ces arr\u00eats est celui de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta dans l\u2019affaire <em>R. v. Barton<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/en\/ab\/abca\/doc\/2017\/2017abca216\/2017abca216.html\">2017 ABCA 216 (CanLII)<\/a>, 38 C.R. (7<sup>e<\/sup>) 316 [<em>Barton<\/em>]. Au paragraphe 250, la Cour \u00e9crit : \u00ab\u2009[T]here will be no air of reality if one of the statutory bars in <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.2_smooth\">s. 273.2<\/a> is present\u00bb. <strong>Autrement dit, on ne saurait satisfaire au test de la vraisemblance si l\u2019une des exclusions du moyen de d\u00e9fense fond\u00e9 sur la croyance au consentement est pr\u00e9sente<\/strong>.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[25]\u00a0 L\u2019intim\u00e9 ne m\u2019a pas convaincue que <em>Barton<\/em> est une d\u00e9cision erron\u00e9e en droit et que nous devrions fonder notre d\u00e9cision sur le paragraphe 60 de l\u2019affaire <em>R. c. Ewanchuck<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/csc\/doc\/1999\/1999canlii711\/1999canlii711.html\">1999 CanLII 711 (CSC)<\/a>, [1999] 1 R.C.S.\u00a0330, 169 D.L.R. (4<sup>e<\/sup>) 193 [<em>Ewanchuk<\/em>], lequel se lit ainsi :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ses motifs, le juge L\u2019Heureux-Dub\u00e9 fait mention de l\u2019al. 273.2<em>b<\/em>) du <em>Code<\/em>. La question de savoir si l\u2019accus\u00e9 a pris des mesures raisonnables est une question de fait qui doit \u00eatre tranch\u00e9e par le juge des faits, seulement apr\u00e8s que le crit\u00e8re de la vraisemblance a \u00e9t\u00e9 satisfait. Vu la fa\u00e7on dont le proc\u00e8s et l\u2019appel ont \u00e9t\u00e9 plaid\u00e9s, l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.2_smooth\">al. 273.2<em>b<\/em>)<\/a> n\u2019avait pas \u00e0 \u00eatre pris en consid\u00e9ration.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[26]\u00a0 Tout d\u2019abord, ce passage est \u00e9crit en <em>obiter<\/em>. Puis, l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.2_smooth\">alin\u00e9a 273.2<em>b<\/em>)<\/a> du <em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a><\/em> n\u2019\u00e9tait pas en cause dans cette affaire, contrairement au pr\u00e9sent appel o\u00f9 il est au c\u0153ur du d\u00e9bat. Enfin, <em>Barton<\/em> suit une s\u00e9rie d\u2019autres arr\u00eats de cours d\u2019appel canadiennes qui ont conclu dans le m\u00eame sens (<em>R. v. Dippel<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/en\/ab\/abca\/doc\/2011\/2011abca129\/2011abca129.html\">2011 ABCA 129 (CanLII)<\/a>, 281 C.C.C. (3<sup>e<\/sup>) 33; <em>R. v. Despins<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/en\/sk\/skca\/doc\/2007\/2007skca119\/2007skca119.html\">2007 SKCA 119 (CanLII)<\/a>, [2007] 299 Sask. R.<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art249_smooth\"> 249<\/a>\u2009; et <em>R. v. Cornejo<\/em> (2003), <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/en\/on\/onca\/doc\/2003\/2003canlii26893\/2003canlii26893.html\">2003 CanLII 26893 (ON CA)<\/a>, 68 O.R. (3<sup>e<\/sup>) 117, 18 C.R. (6e) 124 (C.A.), autorisation de pourvoi \u00e0 la C.S.C. refus\u00e9e, 30158 (7 octobre 2004)).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[27]\u00a0 En discutant du rapport entre le crit\u00e8re de la vraisemblance et l\u2019exigence des mesures raisonnables, je ne peux passer sous silence l\u2019explication de ce rapport par le professeur Hamish Stewart. Son raisonnement juridique cadre bien avec la jurisprudence et me semble un mod\u00e8le de clart\u00e9 et de logique\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[TRADUCTION] Le crit\u00e8re de la vraisemblance est appliqu\u00e9 par le juge du proc\u00e8s\u2009; si le crit\u00e8re est satisfait, il appartient alors au juge des faits de d\u00e9terminer les faits. La juge L\u2019Heureux-Dub\u00e9 [qui a r\u00e9dig\u00e9 des motifs concordants dans l\u2019arr\u00eat <em>Ewanchuk<\/em>] a \u00e9videmment raison de dire que la d\u00e9fense relative \u00e0 la croyance erron\u00e9e ne peut \u00eatre soulev\u00e9e en l\u2019absence de mesures raisonnables. Or, la question doit \u00eatre pos\u00e9e deux fois : premi\u00e8rement par le juge du proc\u00e8s (\u00ab\u2009l\u2019assertion de l\u2019accus\u00e9 selon laquelle il a pris des mesures raisonnables est-elle vraisemblable\u2009?\u2009\u00bb)\u2009; deuxi\u00e8mement, si n\u00e9cessaire, par le juge des faits (\u00ab\u2009l\u2019accus\u00e9 a-t-il pris des mesures raisonnables\u2009?\u2009\u00bb). La d\u00e9fense relative \u00e0 la croyance erron\u00e9e au consentement peut \u00eatre soulev\u00e9e si l\u2019accus\u00e9 a une croyance sinc\u00e8re quant au consentement manifest\u00e9 qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 vici\u00e9e par les facteurs \u00e9num\u00e9r\u00e9s aux <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.1_smooth\">articles 273.1<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.2_smooth\">273.2<\/a> et <u>s\u2019il a pris les mesures raisonnables dans les circonstances dont il avait connaissance pour s\u2019assurer du consentement<\/u>. <strong>Le crit\u00e8re de la vraisemblance s\u2019applique \u00e0 tous ces \u00e9l\u00e9ments<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire que le juge du proc\u00e8s, avant de permettre au juge des faits d\u2019examiner la d\u00e9fense, doit \u00eatre convaincu qu\u2019il existe des \u00e9l\u00e9ments de preuve \u00e0 la lumi\u00e8re desquels un jury raisonnable et ayant re\u00e7u les directives ad\u00e9quates pourrait conclure \u00e0 l\u2019existence d\u2019une croyance sinc\u00e8re, non vici\u00e9e, au consentement manifest\u00e9 <u>et \u00e0 l\u2019existence de mesures raisonnables<\/u> [Mes soulignements] (Hamish C. Stewart, <em>Sexual Offences in Canadian Law<\/em>, feuilles mobiles, Toronto, Thomson Reuters, 2004 aux pp.\u00a03\u201350).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[28]\u00a0 \u00c0 mon avis, l\u2019explication du professeur Stewart donne un sens \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art273.2_smooth\">alin\u00e9a 273.2<em>b<\/em>)<\/a>. <strong>Le l\u00e9gislateur a d\u00e9cid\u00e9 que la d\u00e9fense de croyance sinc\u00e8re mais erron\u00e9e au consentement n\u2019est \u00e0 la port\u00e9e d\u2019un pr\u00e9venu que si ce dernier a pris les mesures raisonnables, dans les circonstances, pour s\u2019assurer du consentement de la partie plaignante \u00e0 chaque acte sexuel au cours des rapports<\/strong>. Si le pr\u00e9venu ne peut soulever d\u2019\u00e9l\u00e9ment de preuve susceptible d\u2019\u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 par le jury comme une telle mesure, le moyen de d\u00e9fense ne peut \u00eatre plac\u00e9 devant le jury. Comme le l\u00e9gislateur a circonscrit la d\u00e9fense de croyance sinc\u00e8re mais erron\u00e9e au consentement aux situations o\u00f9 le pr\u00e9venu a pris les mesures raisonnables dans les circonstances dont il avait connaissance pour s\u2019assurer du consentement, il faut que le juge d\u00e9termine au pr\u00e9alable la vraisemblance de ces mesures.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R. c. Gagnon, 2018 CSC 41\u00a0;\u00a0R. c. Gagnon, 2018 CACM 1 La d\u00e9fense relative \u00e0 la croyance erron\u00e9e au consentement peut \u00eatre soulev\u00e9e si l\u2019accus\u00e9 a une croyance sinc\u00e8re quant au consentement manifest\u00e9 qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 vici\u00e9e par les facteurs \u00e9num\u00e9r\u00e9s aux articles 273.1 et 273.2 ET\u00a0s\u2019il a pris les mesures raisonnables dans les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"yst_prominent_words":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10646"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10646"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10646\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10646"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10646"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10646"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=10646"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}