{"id":16226,"date":"2021-07-27T14:27:24","date_gmt":"2021-07-27T18:27:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/?p=16226"},"modified":"2021-07-27T14:27:24","modified_gmt":"2021-07-27T18:27:24","slug":"peines-consecutives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/peines-consecutives\/","title":{"rendered":"La date phare pour l\u2019imposition de peines cons\u00e9cutives dans des dossiers distincts est celle du prononc\u00e9 de la peine dans le deuxi\u00e8me dossier : R. c. Dub\u00e9, 2021 QCCA 1143"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/canlii.ca\/t\/jgzjm\">R. c. Dub\u00e9, 2021 QCCA 1143<\/a><\/p>\n<h2>La norme d\u2019intervention applicable \u00e0 la d\u00e9cision du juge d\u2019instance d\u2019imposer une peine concurrente ou cons\u00e9cutive est \u00e9lev\u00e9e.<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">[17] La Cour rappelait r\u00e9cemment dans l\u2019arr\u00eat R. c. N.L.[12] que la norme d\u2019intervention applicable \u00e0 la d\u00e9cision du juge d\u2019instance d\u2019imposer une peine concurrente ou cons\u00e9cutive est \u00e9lev\u00e9e. En effet, une cour d\u2019appel doit faire preuve \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette d\u00e9cision de la m\u00eame d\u00e9f\u00e9rence que celle due \u00e0 l\u2019exercice de d\u00e9termination de la peine proprement dite. Elle ne peut en cons\u00e9quence intervenir qu\u2019en pr\u00e9sence d\u2019une erreur de principe ou d\u2019une d\u00e9monstration que le juge n\u2019a pas tenu compte de certains facteurs, ou encore qu\u2019il a inflig\u00e9 une peine qui, dans l\u2019ensemble, n\u2019est manifestement pas indiqu\u00e9e[13].<\/p>\n<p>[18] Tout aussi r\u00e9cemment, la Cour ajoutait ce qui suit dans l\u2019arr\u00eat Vera Camacho c. R.[14] :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[25] Il n\u2019est pas contest\u00e9 non plus qu\u2019un juge dispose d\u2019un pouvoir discr\u00e9tionnaire pour imposer des peines concurrentes ou cons\u00e9cutives. Dans l\u2019arr\u00eat Guerrero-Silva, la Cour rappelait que \u00ab\u2009[b]ien que la d\u00e9cision d\u2019ordonner des peines concurrentes ou cons\u00e9cutives rel\u00e8ve de la discr\u00e9tion du juge, il demeure qu\u2019en principe les crimes constituants des transactions criminelles distinctes entra\u00eenent, sous r\u00e9serve du principe de la totalit\u00e9, des peines cons\u00e9cutives.\u2009\u00bb : (\u2026) Il en d\u00e9coule que \u00ab\u2009[l]orsque les infractions sont commises \u00e0 diff\u00e9rents moments contre diff\u00e9rentes victimes, les peines seront g\u00e9n\u00e9ralement cons\u00e9cutives.\u2009\u00bb (\u2026)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[26] Ainsi, les tribunaux ont toujours \u00e9t\u00e9 conscients que la perp\u00e9tration de plusieurs crimes distincts entra\u00eene g\u00e9n\u00e9ralement, mais pas obligatoirement, des peines cons\u00e9cutives. Le principe de la proportionnalit\u00e9 est toujours primordial dans l\u2019exercice de leur discr\u00e9tion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[Soulignements ajout\u00e9s; renvois omis]<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[19] Par ailleurs, la Cour pr\u00e9cise dans l\u2019arr\u00eat R. c. N.L. que la difficult\u00e9 de saisir le raisonnement du juge d\u2019instance \u00e0 l\u2019appui de sa d\u00e9cision d\u2019imposer certaines peines de mani\u00e8re concurrente plut\u00f4t que cons\u00e9cutive, alors que les infractions en cause constituent des \u00e9v\u00e9nements distincts, qu\u2019elles visent la protection d\u2019int\u00e9r\u00eats soci\u00e9taux diff\u00e9rents et qu\u2019elles impliquent des victimes diff\u00e9rentes, diminue d\u2019autant la d\u00e9f\u00e9rence dont elle doit faire preuve[15].<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">L\u2019imposition d\u2019une peine cons\u00e9cutive d\u00e9coule du principe de base applicable en mati\u00e8re \u00ab d\u2019infractions multiples ne comportant pas entre elles de liens \u00e9troits \u00bb, lequel principe emporte celui qu\u2019il est \u00ab appropri\u00e9 d\u2019imposer des peines cons\u00e9cutives lorsque l\u2019infraction commise d\u00e9coule de transactions criminelles distinctes \u00bb.<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[24] L\u2019auteur Ruby commente l\u2019\u00e9volution de cette disposition l\u00e9gislative de la fa\u00e7on suivante :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a714.4 The passage of section 718.3 in 1995 changed the rules with respect to imposing consecutive sentences where an offender is being sentenced for a new offence, and is already serving a sentence for a previous offence. Prior to this change, pursuant to the former section 645(4), a judge could order that a sentence for a new offence be made consecutive to a sentence for a previous offence only if the sentence for the previous offence had already been imposed at the time of the conviction for the new offence. The passage of section 718.3(4)(a) changed this rule by permitting a judge to make a sentence for a new offence consecutive to the sentence for a previous offence if the offender is sentenced while \u201cunder sentence\u201d for the previous offence. Thus, the relevant date for the purpose of imposing a consecutive sentence is the date of sentencing for the new offence, and not the date of conviction. Section 718.3(4)(a), as amended in 2015, retains the date of sentencing for the new offence as the relevant date. Therefore, pursuant to section 718.3(4), a judge may order that a sentence be served consecutive to another sentence he imposes at the same time. He cannot, however, order that a sentence be made consecutive to one imposed by another judge in another case unless that sentence had already been imposed by the other judge at the time of the sentencing in the case in which he is imposing a sentence.[16]<\/p>\n<p>[Soulignements et caract\u00e8res gras ajout\u00e9s; renvois omis]<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[25] Or, en l\u2019esp\u00e8ce le verdict de culpabilit\u00e9 dans le dossier Hydro\u2011Qu\u00e9bec (13 septembre 2018), ainsi que la peine (10 d\u00e9cembre 2018) avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s le 16 septembre 2019, lorsque le juge avait \u00e0 imposer une peine \u00e0 l\u2019intim\u00e9 relativement aux crimes dont il l\u2019avait trouv\u00e9 coupable. Le fait que l\u2019intim\u00e9 avait form\u00e9 un appel contre le verdict dans le dossier Hydro-Qu\u00e9bec n\u2019y change rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[26] Ainsi, comme l\u2019indique l\u2019auteur Ruby dans l\u2019extrait pr\u00e9cit\u00e9 de son ouvrage Sentencing, la date phare pour l\u2019imposition de peines cons\u00e9cutives dans des dossiers distincts est celle du prononc\u00e9 de la peine dans le deuxi\u00e8me dossier. Si, \u00e0 cette date, l\u2019accus\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 assujetti \u00e0 une autre peine d\u2019emprisonnement, le juge peut envisager ordonner une peine cons\u00e9cutive conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 718.3(4)a) C.cr. C\u2019\u00e9tait le cas en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[27] Le juge se m\u00e9prend donc sur les principes applicables lorsque, pour justifier son refus d\u2019imposer une peine cons\u00e9cutive \u00e0 l\u2019intim\u00e9, il invoque, au paragraphe 39 de ses motifs, que les \u00ab d\u00e9lits pour lequel [sic] le Tribunal a d\u00e9clar\u00e9 coupable l\u2019accus\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 commis avant le d\u00e9lit dit Hydro-Qu\u00e9bec \u00bb[17]. Il commet la m\u00eame erreur au paragraphe 45 lorsqu\u2019il r\u00e9it\u00e8re que : \u00ab [l]es crimes pour lesquels le Tribunal a trouv\u00e9 l\u2019accus\u00e9 coupable sont survenus avant la condamnation de la date [sic] des crimes concernant Hydro\u2011Qu\u00e9bec, dont il y a appel \u00bb [soulignements ajout\u00e9s]. Le juge commet aussi une erreur de principe dans la mesure o\u00f9, comme semble le sugg\u00e9rer le paragraphe 34 pr\u00e9cit\u00e9 de ses motifs, il s\u2019est abstenu de consid\u00e9rer la possibilit\u00e9 d\u2019imposer \u00e0 l\u2019intim\u00e9 une peine d\u2019emprisonnement \u00e0 \u00eatre purg\u00e9e cons\u00e9cutivement \u00e0 celle dans le dossier Hydro\u2011Qu\u00e9bec parce que, suite au jugement qu\u2019il allait rendre, ce dernier \u00ab subirait \u00bb sa premi\u00e8re sentence d\u2019emprisonnement, vu son appel du verdict dans le dossier Hydro\u2011Qu\u00e9bec et sa mise en libert\u00e9 provisoire durant l\u2019instance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[28] En fait, de tels motifs sont en tous points semblables \u00e0 ceux qu\u2019avait \u00e9nonc\u00e9s le juge de la peine dans l\u2019arr\u00eat R. c. Keats[18], et \u00e0 l\u2019\u00e9gard desquels la Cour d\u2019appel de Nouvelle-\u00c9cosse a jug\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019intervenir :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[22] It is apparent that the judge thought that Mr. Keats being a first-time offender for purposes of the sentencing was a bar to a consecutive sentence being imposed. As I will explain, the timing of the offence involving BW is neither a bar nor a constraint. The judge was incorrect in holding this view and this view undoubtedly had a material impact on his reasoning as to whether to impose concurrent or consecutive sentences.<\/p>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[33] [\u2026] With respect, he incorrectly saw the timing of the May 26, 2013 offence respecting BW as a restriction. The judge raised this point with counsel during oral submissions. Then, in his decision, he expressly stated this wrongly perceived limiting factor as a reason for making the decision he did.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[37] I am satisfied that the judge was unduly influenced by the need to treat Mr. Keats as a first-time offender for purposes of the sentencing\u2014to the point he perceived this as a bar to making the 30-month sentence consecutive to the four\u2011year sentence Mr. Keats was serving. Put another way, he wrongly perceived that his discretion to impose consecutive sentences was curtailed by the timing of BW\u2019s offence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[38] In my view, this was an error in principle that materially impacted the sentence imposed\u2014to the point that ordering the sentence imposed for the assaults against TH and ML to be served concurrently with the sentence for the assault against BW was demonstrably unfit. Appellate intervention is warranted.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[50] In my view, the 30-month sentence should be served consecutive to the four-year sentence. It is not unduly long or harsh; rather, it is proportionate to the gravity of the offences and reflective of Mr. Keats\u2019 overall moral blameworthiness and breach of trust.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[Soulignements ajout\u00e9s]<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>[29] Comme l\u2019\u00e9crit aussi l\u2019auteur Ruby :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a714.5 An offender was considered \u201cunder sentence\u201d and therefore liable to a consecutive term even though he has appealed his conviction and has been allowed out on bail pending that appeal, unless the sentence of the lower court has been stayed. The 2015 changes to section 718.3(4)(a) replaced the language of \u201cunder sentence\u201d with \u201ca sentence of imprisonment to which the accused is subject\u201d.[19]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[Soulignement ajout\u00e9]<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>[30] Deuxi\u00e8mement, au risque d\u2019une variation sur le th\u00e8me pr\u00e9c\u00e9dent, alors qu\u2019il ressort clairement de son jugement que le juge a not\u00e9 que les crimes dont il avait d\u00e9clar\u00e9 l\u2019intim\u00e9 coupable \u00e9taient de natures diff\u00e9rentes, avaient \u00e9t\u00e9 commis \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019autres victimes et \u00e0 d\u2019autres dates que les m\u00e9faits dont son coll\u00e8gue l\u2019avait d\u00e9clar\u00e9 coupable dans le dossier Hydro-Qu\u00e9bec, il n\u2019explique pas dans ses motifs pourquoi il \u00e9carte la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale pr\u00e9cit\u00e9e, souvent r\u00e9it\u00e9r\u00e9e et selon laquelle les peines doivent dans de telles circonstances \u00eatre impos\u00e9es de fa\u00e7on cons\u00e9cutive. Comme l\u2019observent les auteurs Parent et Desrosiers, jurisprudence \u00e0 l\u2019appui, l\u2019imposition d\u2019une peine cons\u00e9cutive d\u00e9coule du principe de base applicable en mati\u00e8re \u00ab d\u2019infractions multiples ne comportant pas entre elles de liens \u00e9troits \u00bb, lequel principe emporte celui qu\u2019il est \u00ab appropri\u00e9 d\u2019imposer des peines cons\u00e9cutives lorsque l\u2019infraction commise d\u00e9coule de transactions criminelles distinctes \u00bb[20].<\/p>\n<p>[31] Bien que dans un tout autre contexte, la Cour supr\u00eame rappelait cette r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale de la fa\u00e7on suivante dans l\u2019arr\u00eat Friesen :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[155] La d\u00e9cision d\u2019infliger des peines concurrentes ou cons\u00e9cutives repose sur des principes. Bien que la question m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y attarde davantage dans une autre affaire, la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale veut que les infractions \u00e9troitement li\u00e9es au point de constituer un incident criminel unique puissent, sans que cela soit obligatoire, donner lieu \u00e0 des peines concurrentes, et que toutes les autres infractions doivent donner lieu \u00e0 des peines cons\u00e9cutives [\u2026].[21]<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Bien que les objectifs de d\u00e9nonciation et de dissuasion g\u00e9n\u00e9rale doivent \u00eatre pond\u00e9r\u00e9s avec soin afin d\u2019\u00e9viter une peine disproportionn\u00e9e, il faut leur reconna\u00eetre leur utilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale.<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">[45] Huiti\u00e8mement, bien que les objectifs de d\u00e9nonciation et de dissuasion g\u00e9n\u00e9rale doivent \u00eatre pond\u00e9r\u00e9s avec soin afin d\u2019\u00e9viter une peine disproportionn\u00e9e, il faut leur reconna\u00eetre leur utilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale[31], pr\u00e9cis\u00e9ment ici compte tenu des circonstances particuli\u00e8res r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par la preuve. Les crimes graves dont l\u2019intim\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 coupable visaient en effet, intentionnellement et par soif de vengeance, des officiers publics, et ce, pr\u00e9cis\u00e9ment en raison de gestes ou de d\u00e9cisions qu\u2019ils avaient pos\u00e9s ou prises \u00e0 son \u00e9gard dans l\u2019exercice impartial et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 de leurs fonctions respectives. Il importe de d\u00e9noncer avec vigueur ce type de comportement pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9, planifi\u00e9 et ex\u00e9cut\u00e9 sur une longue p\u00e9riode de temps, et de dissuader les membres du public d\u2019envisager m\u00eame l\u2019adopter en vue de contester et punir par repr\u00e9sailles d\u2019autres officiers publics en raison des leurs actes ou d\u00e9cisions, pos\u00e9s et prises dans le cadre de leurs fonctions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[46] Comme le soulignait le juge en chef Lamer dans R. c. M. (C.A.) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">81 [\u2026] Bref, une peine assortie d&#8217;un \u00e9l\u00e9ment r\u00e9probateur repr\u00e9sente une d\u00e9claration collective, ayant valeur de symbole, que la conduite du contrevenant doit \u00eatre punie parce qu&#8217;elle a port\u00e9 atteinte au code des valeurs fondamentales de notre soci\u00e9t\u00e9 qui sont constat\u00e9es dans notre droit p\u00e9nal substantiel. Comme l&#8217;a dit le lord juge Lawton dans R. c. Sargeant (1974), 60 Cr. App. R. 74, \u00e0 la p. 77: [TRADUCTION] \u00abla soci\u00e9t\u00e9 doit, par l&#8217;entremise des tribunaux, communiquer sa r\u00e9pulsion \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de certains crimes, et les peines qu&#8217;ils infligent sont le seul moyen qu&#8217;ont les tribunaux de transmettre ce message\u00bb. La pertinence du ch\u00e2timent et de la r\u00e9probation en tant qu&#8217;objectifs de la d\u00e9termination de la peine fait bien ressortir que notre syst\u00e8me de justice p\u00e9nale n&#8217;est pas simplement un vaste r\u00e9gime de sanctions n\u00e9gatives visant \u00e0 emp\u00eacher les conduites objectivement pr\u00e9judiciables en haussant le co\u00fbt que doit supporter le contrevenant qui commet une infraction \u00e9num\u00e9r\u00e9e. Notre droit criminel est \u00e9galement un syst\u00e8me de valeurs. La peine qui exprime la r\u00e9probation de la soci\u00e9t\u00e9 est uniquement le moyen par lequel ces valeurs sont communiqu\u00e9es. <span style=\"text-decoration: underline;\">En r\u00e9sum\u00e9, en plus d&#8217;attacher des cons\u00e9quences n\u00e9gatives aux comportements ind\u00e9sirables, les peines inflig\u00e9es par les tribunaux devraient \u00e9galement \u00eatre inflig\u00e9es d&#8217;une mani\u00e8re propre \u00e0 enseigner de mani\u00e8re positive la gamme fondamentale des valeurs communes que partagent l&#8217;ensemble des Canadiens et des Canadiennes et qui sont exprim\u00e9es par le Code criminel<\/span>.[32]<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>[47] Enfin, et neuvi\u00e8mement, dans les circonstances tr\u00e8s particuli\u00e8res de l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019imposition de la peine de neuf ans cons\u00e9cutivement \u00e0 celle impos\u00e9e dans le dossier Hydro-Qu\u00e9bec, pour un total de 16 ans (moins la p\u00e9riode de d\u00e9tention provisoire), ne saurait \u00eatre contrecarr\u00e9e par les principes de proportionnalit\u00e9 et de totalit\u00e9 de la peine.<\/p>\n<p>[48] D\u2019abord, la Cour supr\u00eame a pr\u00e9cis\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat R. c. M. (C.A.)[33] que le principe de proportionnalit\u00e9 s\u2019exprime en mati\u00e8re de peines cons\u00e9cutives sous la forme plus particuli\u00e8re du principe de totalit\u00e9[34].<\/p>\n<p>[49] Commentant le principe de proportionnalit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat Lacasse[35], le juge Wagner observait ce qui suit :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">[12] En la mati\u00e8re, la proportionnalit\u00e9 demeure le principe cardinal qui doit guider l\u2019examen par une cour d\u2019appel de la justesse de la peine inflig\u00e9e \u00e0 un d\u00e9linquant. <span style=\"text-decoration: underline;\">Plus le crime commis et ses cons\u00e9quences sont graves, ou plus le degr\u00e9 de responsabilit\u00e9 du d\u00e9linquant est \u00e9lev\u00e9, plus la peine sera lourde. En d\u2019autres mots, la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la peine ne d\u00e9pend pas seulement de la gravit\u00e9 des cons\u00e9quences du crime, mais \u00e9galement de la culpabilit\u00e9 morale du d\u00e9linquant.<\/span> [\u2026]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R. c. Dub\u00e9, 2021 QCCA 1143 La norme d\u2019intervention applicable \u00e0 la d\u00e9cision du juge d\u2019instance d\u2019imposer une peine concurrente ou cons\u00e9cutive est \u00e9lev\u00e9e. [17] La Cour rappelait r\u00e9cemment dans l\u2019arr\u00eat R. c. N.L.[12] que la norme d\u2019intervention applicable \u00e0 la d\u00e9cision du juge d\u2019instance d\u2019imposer une peine concurrente ou cons\u00e9cutive est \u00e9lev\u00e9e. En effet, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[120],"tags":[5475,5476,128],"yst_prominent_words":[669,1046,2992],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16226"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16226"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16226\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16226"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16226"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16226"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=16226"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}