{"id":7716,"date":"2017-04-25T14:27:31","date_gmt":"2017-04-25T18:27:31","guid":{"rendered":"https:\/\/doyonavocats.ca\/?p=7716\/"},"modified":"2017-04-25T21:43:20","modified_gmt":"2017-04-26T01:43:20","slug":"refus-troubles-post-traumatique-armee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/refus-troubles-post-traumatique-armee\/","title":{"rendered":"Une d\u00e9fense d&#8217;automatisme d\u00e9coulant d&#8217;un choc post-traumatique invoqu\u00e9e \u00e0 l&#8217;encontre d&#8217;une accusation de refus de fournir un pr\u00e9l\u00e8vement d&#8217;\u00e9chantillon d&#8217;haleine."},"content":{"rendered":"<p class=\"canlii decision mainTitle\"><a href=\"http:\/\/canlii.ca\/t\/h3bdp\">R. c. Bisier, 2017 QCCQ 3369<\/a><\/p>\n<h2 class=\"canlii decision mainTitle\" style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9fendeur all\u00e8gue principalement une d\u00e9fense d\u2019absence d\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale. \u00c0 d\u00e9faut de retenir cette d\u00e9fense, le demandeur propose une d\u00e9fense d\u2019automatisme sans troubles mentaux. Il n\u2019entend pas soulever la d\u00e9fense de non\u2011responsabilit\u00e9 criminelle en raison de troubles mentaux pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019<a class=\"reflex2-link\" href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art16_smooth\">article 16<\/a>\u00a0du\u00a0<i><a class=\"reflex2-link\" href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a>.<\/i><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">VI. \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 L\u2019ANALYSE<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[41]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Dans le dossier \u00e0 l\u2019\u00e9tude, les parties conviennent sur une base factuelle que le choc post-traumatique dont souffre le d\u00e9fendeur donne ouverture \u00e0 une d\u00e9fense. Le v\u00e9hicule juridique qui doit \u00eatre utilis\u00e9 diff\u00e8re selon les parties.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[42]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Selon le d\u00e9fendeur, nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019une absence d\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale. Selon le poursuivant, il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9fense d\u2019automatisme avec troubles mentaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[43]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le Tribunal tient \u00e0 pr\u00e9ciser que ce ne sont pas tous les chocs post\u2011traumatiques qui peuvent constituer une d\u00e9fense d\u2019automatisme. Il y a des causes de jurisprudence o\u00f9 cette d\u00e9fense n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retenue<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Chaque cas doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 \u00e0 la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Quelle est la nature de la d\u00e9fense qui d\u00e9coule d\u2019un choc post-traumatique?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>1) \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 S\u2019agit-il d\u2019une d\u00e9fense d\u2019absence d\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[44]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le d\u00e9fendeur soumet qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale de refuser de fournir un \u00e9chantillon d\u2019haleine. Le choc post-traumatique l\u2019emp\u00eache d\u2019exercer son jugement de mani\u00e8re volontaire. La crainte qu\u2019il a de monter dans le v\u00e9hicule avec les policiers l\u2019emp\u00eachait de fonctionner normalement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[45]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Son refus de suivre les policiers afin de fournir un \u00e9chantillon d\u2019haleine n\u2019est pas \u00ab\u00a0sp\u00e9cifique, d\u00e9finitif et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[46]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le Tribunal conclut qu\u2019une absence d\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale ne peut pas exister en soi. Celle-ci doit \u00eatre expliqu\u00e9e ou soutenue par une cause, un motif ou une justification telle que l\u2019erreur de droit, l\u2019erreur de fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[47]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Dans le dossier \u00e0 l\u2019\u00e9tude, l\u2019absence du caract\u00e8re volontaire du refus du d\u00e9fendeur est expliqu\u00e9e par un choc post-traumatique qui occasionne une crainte chez lui pour sa s\u00e9curit\u00e9 et sa vie s\u2019il monte dans le v\u00e9hicule des policiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[48]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Il ne s\u2019agit pas d\u2019un geste volontaire, mais d\u2019un refus dict\u00e9 par la crainte du d\u00e9fendeur \u00e0 l\u2019endroit des policiers pour sa s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[49]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Cette d\u00e9fense vient nier le caract\u00e8re volontaire de\u00a0<em>l\u2019actus reus.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[50]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le d\u00e9fendeur croit sinc\u00e8rement et v\u00e9ritablement que sa vie est en danger s\u2019il monte dans le v\u00e9hicule des policiers. Il sait que s\u2019il refuse d\u2019obtemp\u00e9rer \u00e0 l\u2019ordre des policiers, il sera accus\u00e9 de refus. Il est incapable de se soumettre \u00e0 cet ordre. Son refus d\u2019obtemp\u00e9rer n\u2019est pas volontaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[51]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le Tribunal conclut que l\u2019absence d\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale all\u00e9gu\u00e9e par le d\u00e9fendeur repose sur un diagnostic de stress post-traumatique. En l\u2019esp\u00e8ce, il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9fense d\u2019automatisme qui vise\u00a0<em>l\u2019actus reus\u00a0<\/em>et non pas la<em>\u00a0mens rea<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><strong>[14]<\/strong><\/a><\/em>. L\u2019argument d\u2019absence d\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale n\u2019est pas retenu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>2)\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0 Si la r\u00e9ponse est n\u00e9gative, est-ce une d\u00e9fense d\u2019automatisme avec ou sans troubles mentaux?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[52]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le Tribunal ayant conclu que l\u2019accus\u00e9 a agi dans un \u00e9tat d\u2019automatisme, il importe d\u00e9sormais de d\u00e9terminer s\u2019il s\u2019agit d\u2019automatisme avec ou sans troubles mentaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[53]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le comportement du d\u00e9fendeur entre dans la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0troubles mentaux\u00a0\u00bb pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art2_smooth\">article 2<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a><\/em>\u00a0et ainsi d\u00e9fini par la jurisprudence\u00a0:\u00a0<em>R<\/em>. c<em>\u00a0Stone<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><strong>[15]<\/strong><\/a>\u00a0<\/em>:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">[196] Dans Rabey (C.A. Ont.), le juge Martin a d\u00e9crit ainsi la t\u00e2che qui incombe au juge du proc\u00e8s de trancher la question de la maladie mentale (p. 13)\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[TRADUCTION] Je consid\u00e8re que le v\u00e9ritable principe est le suivant: il appartient au juge de d\u00e9terminer quels \u00e9tats mentaux sont englob\u00e9s par l\u2019expression \u00abmaladie mentale\u00bb, et\u00a0<u>s\u2019il existe une preuve que l\u2019accus\u00e9 se trouvait dans un \u00e9tat mental anormal vis\u00e9 par cette expression.\u00a0<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[197] Prise isol\u00e9ment, la question de savoir quels \u00e9tats mentaux sont englob\u00e9s par l\u2019expression \u00abmaladie mentale\u00bb est une question de droit.\u00a0 Toutefois, le juge du proc\u00e8s doit \u00e9galement d\u00e9terminer si l\u2019\u00e9tat dans lequel l\u2019accus\u00e9 pr\u00e9tend s\u2019\u00eatre trouv\u00e9 satisfait au crit\u00e8re juridique de la maladie mentale.\u00a0 Il lui faut alors \u00e9valuer la preuve pr\u00e9sent\u00e9e dans l\u2019affaire dont il est saisi, au lieu d\u2019un principe g\u00e9n\u00e9ral de droit, de sorte qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question mixte de droit et de fait.\u00a0 Voir Southam, pr\u00e9cit\u00e9, aux par. 35 et 36.\u00a0 La question de savoir si l\u2019accus\u00e9 souffrait v\u00e9ritablement d\u2019une maladie mentale est une question de fait qui doit \u00eatre tranch\u00e9e par le juge des faits.\u00a0 Voir Rabey (C.S.C.), pr\u00e9cit\u00e9, \u00e0 la p. 519, le juge Ritchie; Parks, pr\u00e9cit\u00e9, \u00e0 la p. 897, le juge La Forest; Bratty, pr\u00e9cit\u00e9, \u00e0 la p. 412, lord Denning.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">(Notre soulignement)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">[54]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0La distinction entre ces deux formes d\u2019automatisme comporte des cons\u00e9quences importantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[55]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0Si le comportement du d\u00e9fendeur d\u00e9coule d\u2019un automatisme sans troubles mentaux, il est acquitt\u00e9 purement et simplement. S\u2019il d\u00e9coule d\u2019une d\u00e9fense d\u2019automatisme avec troubles mentaux, il y a lieu de prononcer un verdict de non\u2011responsabilit\u00e9 criminelle pour cause de troubles mentaux conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art672.34_smooth\">article 672.34<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a><\/em>. Selon les dispositions de l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art672.54_smooth\">article 672.54<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a>,<\/em>\u00a0le d\u00e9fendeur vis\u00e9 par un tel verdict peut-\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 inconditionnellement ou conditionnellement ou \u00eatre d\u00e9tenu dans un h\u00f4pital.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[56]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0L\u2019arr\u00eat\u00a0<em>Stone<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><strong>[16]<\/strong><\/a><\/em>\u00a0mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9labore le cheminement \u00e0 suivre pour d\u00e9terminer la nature de l\u2019automatisme. L\u2019analyse globale pr\u00e9conise de consid\u00e9rer \u00ab\u00a0le facteur de la cause interne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le facteur du risque subsistant\u00a0\u00bb et \u00ab les pr\u00e9occupations d\u2019ordre public \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[57]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Au paragraphe 200 de l\u2019arr\u00eat\u00a0<em>Stone<\/em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><em><strong>[17]<\/strong><\/em><\/a>, la Cour supr\u00eame se fonde sur l\u2019arr\u00eat\u00a0<em>Rabey<\/em>\u00a0pour d\u00e9terminer les crit\u00e8res d\u2019analyse pour \u00ab\u00a0le facteur de la cause interne\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">[200] Dans\u00a0<em>Rabey<\/em>, notre Cour a adopt\u00e9 la \u00ab\u00a0th\u00e9orie de la cause interne\u00a0\u00bb du juge Martin comme crit\u00e8re principal pour d\u00e9terminer si l\u2019automatisme provoqu\u00e9 par un choc psychologique d\u00e9coule d\u2019une maladie mentale. Voici un extrait de l\u2019explication de cette th\u00e9orie par le juge Martin, que notre Cour \u00e0 la majorit\u00e9 a cit\u00e9, en l\u2019approuvant, \u00e0 la p. 519\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[TRADUCTION] De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, on fait une distinction entre le d\u00e9s\u00e9quilibre mental d\u00e9coulant d\u2019une cause essentiellement interne,\u00a0<u>dont l\u2019origine tient \u00e0 la constitution psychologique ou \u00e9motionnelle de l\u2019accus\u00e9 ou \u00e0 une maladie organique<\/u>, et\u00a0<u>le d\u00e9s\u00e9quilibre mental momentan\u00e9 provoqu\u00e9 par un facteur sp\u00e9cifiquement externe, par exemple, une commotion c\u00e9r\u00e9brale.<\/u>\u00a0<u>Tout d\u00e9s\u00e9quilibre ou trouble mental r\u00e9sultant d\u2019un \u00e9tat ou d\u2019une faiblesse subjective propre \u00e0 l\u2019accus\u00e9 (qu\u2019elle soit ou non tout \u00e0 fait comprise) peut constituer une \u00abmaladie mentale\u00bb<\/u>\u00a0s\u2019il emp\u00eache l\u2019accus\u00e9 de savoir ce qu\u2019il fait. Par ailleurs, des troubles momentan\u00e9s de la conscience dus \u00e0 des facteurs externes sp\u00e9cifiques ne rel\u00e8vent pas du concept de la maladie mentale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[201] Il ressort des motifs du juge Martin que la th\u00e9orie de la cause interne suppose, a priori, que l\u2019\u00e9tat dont l\u2019accus\u00e9 pr\u00e9tend avoir souffert est une maladie mentale. Il dit ce qui suit aux pp. 21 et 22 de son jugement\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[TRADUCTION] Le d\u00e9s\u00e9quilibre mental dont l\u2019accus\u00e9 a souffert, m\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 temporaire, constitue une \u00ab\u00a0maladie mentale\u00a0\u00bb, sauf s\u2019il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9tat momentan\u00e9 r\u00e9sultant d\u2019une cause externe au sens de la jurisprudence et de la doctrine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 mon avis, le stress et les contrari\u00e9t\u00e9s courantes de la vie qui sont le lot commun de l\u2019humanit\u00e9 ne constituent pas une cause externe qui peut servir d\u2019explication \u00e0 un d\u00e9s\u00e9quilibre mental et le sortir de la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0maladie mentale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">(Notre soulignement)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">[58]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Constatant que cette m\u00e9thode d\u2019analyse pouvait ne pas r\u00e9pondre \u00e0 toutes les questions soulev\u00e9es dans la r\u00e9alit\u00e9, la Cour supr\u00eame a d\u00e9velopp\u00e9 \u00ab\u00a0le facteur du risque subsistant\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[59]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Dans l\u2019arr\u00eat\u00a0<em>Stone<\/em>\u00a0la Cour mentionne\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">[212]\u00a0Comme nous l\u2019avons vu, les juges majoritaires et les juges dissidents de notre Cour dans\u00a0<em>Rabey<\/em>, de m\u00eame que le juge La\u00a0Forest dans\u00a0<em>Parks<\/em>, ont reconnu que des consid\u00e9rations d\u2019ordre public sont pertinentes pour d\u00e9terminer si l\u2019automatisme all\u00e9gu\u00e9 r\u00e9sulte d\u2019une maladie mentale.\u00a0 Un facteur d\u2019ordre public qui est au c\u0153ur de l\u2019examen de la question de la maladie mentale est la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 du public.\u00a0 Ainsi, comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, le\u00a0juge\u00a0La\u00a0Forest a reconnu, dans\u00a0<em>Parks<\/em>, que la deuxi\u00e8me fa\u00e7on dominante d\u2019aborder la question de la maladie mentale est la th\u00e9orie du risque subsistant.\u00a0\u00a0<u>Suivant cette th\u00e9orie, tout \u00e9tat comportant vraisemblablement la r\u00e9currence d\u2019un danger pour le public devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une maladie mentale<\/u>.\u00a0 En d\u2019autres termes, la probabilit\u00e9 de r\u00e9currence de la violence est un facteur qui doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 dans l\u2019examen de la question de la maladie mentale.\u00a0 Cette th\u00e9orie doit \u00eatre nuanc\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 reconna\u00eetre que, m\u00eame si un risque subsistant est un indice de maladie mentale, la conclusion \u00e0 l\u2019absence de risque subsistant n\u2019emp\u00eache pas de conclure \u00e0 l\u2019existence d\u2019une maladie mentale.\u00a0 Voir\u00a0<em>Rabey<\/em>, pr\u00e9cit\u00e9, \u00e0 la p.\u00a015 (C.A. Ont.), le juge Martin, et aux pp.\u00a0533 et 551 (C.S.C.), le juge Dickson;\u00a0<em>Parks<\/em>, pr\u00e9cit\u00e9, \u00e0 la p.\u00a0907, le juge La\u00a0Forest.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[213]\u00a0Selon moi, le juge du proc\u00e8s devrait continuer de consid\u00e9rer la th\u00e9orie du risque subsistant comme un facteur \u00e0 prendre en consid\u00e9ration pour d\u00e9cider si un \u00e9tat donn\u00e9 devrait \u00eatre qualifi\u00e9 de maladie mentale.\u00a0 Je souligne toutefois que le facteur du risque subsistant ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une fa\u00e7on subsidiaire ou mutuellement exclusive d\u2019aborder le facteur de la cause interne.\u00a0 Bien qu\u2019elles soient diff\u00e9rentes, ces deux m\u00e9thodes sont des facteurs pertinents dans l\u2019examen de la question de la maladie mentale.\u00a0 C\u2019est pourquoi le juge du proc\u00e8s, dans une affaire donn\u00e9e, peut estimer utiles les deux m\u00e9thodes, ou l\u2019une ou l\u2019autre de celles-ci.\u00a0 Pour refl\u00e9ter cette fa\u00e7on unifi\u00e9e et globale d\u2019aborder la question de la maladie mentale<u>, il est donc plus appropri\u00e9 de parler du facteur de la cause interne et du facteur du risque subsistant<\/u>\u00a0plut\u00f4t que de la th\u00e9orie de la cause interne et de la th\u00e9orie du risque subsistant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[214]\u00a0En examinant le facteur du risque subsistant, le juge du proc\u00e8s peut tenir compte de tout \u00e9l\u00e9ment de preuve dont il est saisi pour \u00e9valuer la probabilit\u00e9 de r\u00e9currence de la violence.\u00a0\u00a0<u>Deux questions seront cependant particuli\u00e8rement pertinentes quant au facteur du risque subsistant: les ant\u00e9c\u00e9dents psychiatriques de l\u2019accus\u00e9 et la probabilit\u00e9 que l\u2019\u00e9l\u00e9ment qui aurait d\u00e9clench\u00e9 l\u2019\u00e9pisode d\u2019automatisme se pr\u00e9sente de nouveau<\/u>.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">(Nos soulignements)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">[60]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Dans le cas \u00e0 l\u2019\u00e9tude, le Tribunal en vient \u00e0 la conclusion, en proc\u00e9dant selon les deux m\u00e9thodes d\u2019analyse, que la preuve r\u00e9v\u00e8le une d\u00e9fense d\u2019automatisme avec troubles mentaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[61]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Selon \u00ab\u00a0le facteur de la cause interne\u00a0\u00bb, une comparaison de la r\u00e9action du d\u00e9fendeur avec celle d\u2019une personne normale dans la m\u00eame situation (le fait qu\u2019on lui demande de monter \u00e0 bord du v\u00e9hicule de police) am\u00e8ne \u00e0 conclure \u00e0 une cause interne chez le d\u00e9fendeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[62]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Une personne normale dans les m\u00eames circonstances que celles du d\u00e9fendeur ne craint pas pour sa vie ou sa s\u00e9curit\u00e9 lorsqu\u2019un policier lui demande de monter \u00e0 bord du v\u00e9hicule de police pour se rendre au poste afin de subir un alcootest. Cet \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de l\u2019automatisme est au centre de la comparaison avec une personne normale. La r\u00e9action anormale du d\u00e9fendeur est tr\u00e8s certainement due \u00e0 une cause interne et non pas externe, tel qu\u2019un coup \u00e0 la t\u00eate occasionnant une commotion c\u00e9r\u00e9brale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[63]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Une analyse de la situation du dossier \u00e0 l\u2019\u00e9tude selon \u00ab\u00a0le facteur du risque subsistant\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e8le que l\u2019accus\u00e9 poss\u00e8de des ant\u00e9c\u00e9dents psychiatriques. Il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e en raison de ses troubles psychiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[64]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Il y a une probabilit\u00e9 marqu\u00e9e, advenant une situation identique o\u00f9 l\u2019accus\u00e9 conduit avec les capacit\u00e9s affaiblies et qu\u2019il est arr\u00eat\u00e9 par les policiers, qu\u2019il ne veuille pas monter \u00e0 bord du v\u00e9hicule afin de subir un alcootest.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[65]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Ainsi, il devient impossible d\u2019\u00e9tablir que le d\u00e9fendeur a conduit avec plus de 80\u00a0mg d\u2019alcool par 100 ml de sang et d\u2019\u00e9carter de la route un danger potentiel pour les autres usagers. La conduite avec les capacit\u00e9s affaiblies constitue l\u2019infraction criminelle qui cause le plus de d\u00e9c\u00e8s au Canada, et ce, sans compter les nombreux bless\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[66]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Contrairement \u00e0 ce qu\u2019affirme le d\u00e9fendeur, ce n\u2019est pas l\u2019infraction d\u2019avoir refus\u00e9 de se soumettre \u00e0 un alcootest qu\u2019il faut examiner pour d\u00e9terminer le risque potentiel de dangerosit\u00e9. C\u2019est l\u2019infraction substantive de conduite avec plus de 80 mg d\u2019alcool par 100 ml de sang qui doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[67]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le policier a remarqu\u00e9 certains sympt\u00f4mes de consommation d\u2019alcool et il lui a administr\u00e9 l\u2019ADA. Le d\u00e9fendeur a \u00e9chou\u00e9. Il y a des motifs de croire qu\u2019il avait une quantit\u00e9 d\u2019alcool sup\u00e9rieure \u00e0 la limite permise. En raison de son choc post-traumatique, la proc\u00e9dure d\u2019enqu\u00eate n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[68]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Il est en preuve que l\u2019accus\u00e9 consomme de l\u2019alcool afin de calmer ses appr\u00e9hensions cr\u00e9\u00e9es par le choc post-traumatique. Il est donc susceptible de s\u2019enivrer et de conduire un v\u00e9hicule avec un taux d\u2019alcool\u00e9mie sup\u00e9rieure \u00e0 la limite permise constituant ainsi un danger pour la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[69]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Les troubles psychologiques du d\u00e9fendeur d\u00e9coulent d\u2019un facteur interne. Il y a un risque r\u00e9current \u00e9tant donn\u00e9 les ant\u00e9c\u00e9dents psychiatriques du d\u00e9fendeur. La probabilit\u00e9 que l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de l\u2019\u00e9pisode d\u2019automatisme se pr\u00e9sente de nouveau doit \u00eatre s\u00e9rieusement envisag\u00e9e. Il est en preuve selon le rapport du docteur Gagn\u00e9 et par le t\u00e9moignage du d\u00e9fendeur qu\u2019il consomme du vin pour calmer son anxi\u00e9t\u00e9. En \u00e9tat de capacit\u00e9s affaiblies, il peut conduire son v\u00e9hicule automobile et le m\u00eame sc\u00e9nario pourrait se r\u00e9p\u00e9ter. Il y va de l\u2019int\u00e9r\u00eat public et de sa s\u00e9curit\u00e9 que tout \u00e9tat comportant vraisemblablement la r\u00e9currence d\u2019un danger pour le public soit consid\u00e9r\u00e9 comme une maladie mentale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[70]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Le Tribunal conclut donc \u00e0 l\u2019automatisme avec troubles mentaux. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019avoir d\u00e9montr\u00e9 l\u2019<em>actus reus,\u00a0<\/em>il n\u2019est plus n\u00e9cessaire d\u2019analyser la d\u00e9fense d\u2019excuse raisonnable soumise par l\u2019accus\u00e9. En effet, tel qu\u2019expliqu\u00e9 dans\u00a0<em>R. c. Lewko<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><strong>[19]<\/strong><\/a><\/em>, ce n\u2019est qu\u2019une fois tous les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction \u00e9tablis que l\u2019accus\u00e9 peut soulever une d\u00e9fense d\u2019excuse raisonnable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[71]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Ayant conclu \u00eatre en pr\u00e9sence d\u2019une d\u00e9fense d\u2019automatisme avec troubles mentaux, il y a lieu d\u2019\u00e9valuer la d\u00e9fense de non-responsabilit\u00e9 criminelle pour troubles mentaux conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art16_smooth\">article 16<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[72]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0La poursuite sugg\u00e8re que le d\u00e9fendeur peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 non criminellement responsable pour troubles mentaux. Est-elle habilit\u00e9e \u00e0 soulever ce moyen de d\u00e9fense \u00e0 l\u2019encontre de la volont\u00e9 du d\u00e9fendeur? Tel que mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, la d\u00e9fense n\u2019entend pas soulever une d\u00e9fense en vertu de l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art16_smooth\">article 16<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a><\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>3) \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 En pr\u00e9sence d\u2019une d\u00e9fense d\u2019automatisme avec troubles mentaux, la poursuite peut-elle requ\u00e9rir l\u2019utilisation de l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art16_smooth\">article 16<\/a>\u00a0du\u00a0<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a>\u00a0malgr\u00e9 l\u2019objection du d\u00e9fendeur?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[73]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0La partie qui soul\u00e8ve une d\u00e9fense d\u2019automatisme assume un fardeau de pr\u00e9sentation selon le crit\u00e8re de la vraisemblance afin qu\u2019elle soit soumise au juge des faits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[74]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Une fois ce fardeau rencontr\u00e9 par le requ\u00e9rant, il doit \u00e9tablir le fond de sa d\u00e9fense d\u2019automatisme selon le crit\u00e8re de la preuve pr\u00e9pond\u00e9rante<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[75]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Dans la situation d\u2019une d\u00e9fense d\u2019automatisme avec troubles mentaux, une application de l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art16_smooth\">article 16<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a><\/em>\u00a0en conjonction avec les\u00a0<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art672.34_smooth\">articles 672.34<\/a>\u00a0et\u00a0<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art672.54_smooth\">672.54<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a><\/em>\u00a0s\u2019impose<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[76]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Dans le cas sous \u00e9tude, la poursuite convient d\u2019une d\u00e9fense d\u2019automatisme avec troubles mentaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[77]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0L\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art672.12par3_smooth\">article 672.12 (3)<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a>\u00a0<\/em>pr\u00e9voit :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le tribunal ne peut pas rendre une ordonnance d\u2019\u00e9valuation en vue de d\u00e9terminer si l\u2019accus\u00e9 \u00e9tait atteint de troubles mentaux de nature \u00e0 ne pas engager sa responsabilit\u00e9 criminelle au moment de la perp\u00e9tration de l\u2019infraction reproch\u00e9e que si l\u2019accus\u00e9 a mis en doute sa capacit\u00e9 mentale \u00e0 former une intention criminelle n\u00e9cessaire ou si le poursuivant lui d\u00e9montre qu\u2019en raison de troubles mentaux, il existe des motifs raisonnables de mettre en doute la responsabilit\u00e9 criminelle de l\u2019accus\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019infraction reproch\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[78]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Par cet article du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a><\/em>\u00a0le l\u00e9gislateur astreint le pouvoir du Tribunal d\u2019\u00e9mettre une ordonnance d\u2019\u00e9valuation \u00e0 la condition que l\u2019accus\u00e9 ait mis en doute sa capacit\u00e9 mentale \u00e0 former une intention criminelle ou si le poursuivant en raison de troubles mentaux est en mesure de d\u00e9montrer des motifs raisonnables de mettre en doute la responsabilit\u00e9 criminelle de l\u2019accus\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[79]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0On comprend ais\u00e9ment qu\u2019il appartient \u00e0 la d\u00e9fense de soulever ou non ce moyen de d\u00e9fense. Dans certains cas, il peut s\u2019av\u00e9rer que le rem\u00e8de soit pire que la maladie. Imaginons une personne accus\u00e9e d\u2019un vol \u00e0 l\u2019\u00e9talage d\u2019un objet de 5 $. Si le Tribunal peut rendre une ordonnance d\u2019\u00e9valuation de l\u2019\u00e9tat mental de l\u2019accus\u00e9 au moment de la commission de l\u2019infraction \u00e0 la demande de la poursuite et malgr\u00e9 l\u2019objection de la d\u00e9fense, on constate que cela peut aboutir \u00e0 un d\u00e9ni de justice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[80]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Dans l\u2019arr\u00eat\u00a0<em>Swain<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><strong>[22]<\/strong><\/a><\/em>, la Cour supr\u00eame \u00e9nonce le principe du droit de l\u2019accus\u00e9 de contr\u00f4ler sa d\u00e9fense. Le principe de Common Law autorisant la poursuite \u00e0 soulever cette d\u00e9fense de troubles mentaux a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 inconstitutionnel. Elle avait comme r\u00e9sultat d\u2019emp\u00eacher l\u2019accus\u00e9 de pr\u00e9senter des arguments valables en d\u00e9fense pour tout autre motif puisque sa cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e9tait min\u00e9e par les all\u00e9gations de la poursuite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[81]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0La Cour \u00e9nonce dans l\u2019arr\u00eat\u00a0<em>Swain<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn23\" name=\"_ftnref23\"><strong>[23]<\/strong><\/a><\/em>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">J&#8217;estime donc que la r\u00e8gle de common law qui permet au minist\u00e8re public de pr\u00e9senter une preuve d&#8217;ali\u00e9nation mentale contre le gr\u00e9 de l&#8217;accus\u00e9 constitue une entrave \u00e0 la libert\u00e9, incompatible avec les principes de justice fondamentale.\u00a0 En cons\u00e9quence, la r\u00e8gle de common law restreint les droits reconnus \u00e0 l&#8217;accus\u00e9 par l&#8217;art. 7 de la\u00a0<em>Charte<\/em>.<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[82]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Cependant, dans l\u2019analyse de sa d\u00e9cision, la Cour supr\u00eame \u00e9nonce \u00e0 la page 34 du m\u00eame arr\u00eat :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, bien que le droit d&#8217;un accus\u00e9 de contr\u00f4ler sa d\u00e9fense soit un principe de justice fondamentale, ce droit n&#8217;est pas &#8220;absolu&#8221;. Si un accus\u00e9 choisit de mener sa d\u00e9fense de telle mani\u00e8re que sa capacit\u00e9 mentale de former une intention criminelle est d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre mise en doute, le minist\u00e8re public aura alors le droit de &#8220;compl\u00e9ter le tableau&#8221; en pr\u00e9sentant sa propre preuve d&#8217;ali\u00e9nation mentale et le juge du proc\u00e8s sera fond\u00e9 \u00e0 donner au jury des directives relativement \u00e0 l&#8217;<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art16_smooth\">art. 16<\/a>.<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[83]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Dans le dossier \u00e0 l\u2019\u00e9tude, le d\u00e9fendeur pr\u00e9sente une d\u00e9fense voulant qu\u2019il n\u2019ait pas eu l\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale de refuser de se soumettre \u00e0 l\u2019alcootest en raison d\u2019un choc post-traumatique qui a cr\u00e9\u00e9 chez lui un \u00e9tat de panique au contact des policiers le privant ainsi du caract\u00e8re volontaire de ses agissements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[84]\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0En cons\u00e9quence, le Tribunal peut rendre une d\u00e9cision en ce qui concerne la d\u00e9fense d\u2019automatisme avec troubles mentaux qui est subsum\u00e9e \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html#art16_smooth\">article 16<\/a>\u00a0du\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/ca\/legis\/lois\/lrc-1985-c-c-46\/derniere\/lrc-1985-c-c-46.html\">Code criminel<\/a><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn26\" name=\"_ftnref26\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/qccq\/doc\/2017\/2017qccq3369\/2017qccq3369.html#_ftn26\" name=\"_ftnref26\"><strong>[26]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R. c. Bisier, 2017 QCCQ 3369 Le d\u00e9fendeur all\u00e8gue principalement une d\u00e9fense d\u2019absence d\u2019intention g\u00e9n\u00e9rale. \u00c0 d\u00e9faut de retenir cette d\u00e9fense, le demandeur propose une d\u00e9fense d\u2019automatisme sans troubles mentaux. Il n\u2019entend pas soulever la d\u00e9fense de non\u2011responsabilit\u00e9 criminelle en raison de troubles mentaux pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 16\u00a0du\u00a0Code criminel. &nbsp; VI. \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 L\u2019ANALYSE [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":7717,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[122],"tags":[],"yst_prominent_words":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7716"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7716"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7716\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7717"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7716"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7716"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7716"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.doyonavocats.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=7716"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}